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October 20 Les documentaires sur la danse C'est toujours beau et c'est un
genre particulier (à ne pas confondre avec la comédie musicale) parfois
contemplatif surtout quand il traite d'une compagnie ou du sacerdoce de
la vie de danseur. Beau n'est pas synonyme de bon. "Company" Robert Altman 2004 était le parfait exemple du film dont le réalisateur n'avait eu ni la patience de faire un documentaire ni celle de faire un scénario. Au final, le film n'avait aucun intérêt. "La Danse : le ballet de l'Opéra de Paris" nous plonge dans les coulisses de la compagnie et de l'Opéra avec le postulat que nous connaissons et savons reconnaître les danseurs, les administrateurs, les chorégraphes et les ballets qui sont répétés. Résultat c'est un long défilé de belles images, et oui les danseurs souffrent et oui les arts du spectacle font travailler des centaines de petites mains dévouées. "Tout près des étoiles" de Nils Tavernier sur l'Ecole de danse avait l'avantage de nous indiquer qui était à l'écran au moins la première fois. C'est un film avec des images très recherchées et un documentaire dans lequel le spectateur n'apprend rien. Dommage ! October 07 Des âneries des journalistesCe n'est pas la première fois mais ça surprend toujours un peu ! La semaine dernière, le 30 septembre 2009 (13 תשרי), en Ligue des champion Bordeaux rencontrait Haïfa. Le lendemain, la presse unanime enregistrait la victoire de Bordeaux et saluait la performance du club israélien qui avait particulièrement bien résisté la première mi-temps. Mais connaissez-vous la raison de cette forme ? C'est pourtant simple : trois jours avant les joueurs avaient bénéficié d'un jour de congés complet ! Si Domenech savait ! September 16 La mort de Michael Jackson crée un bug C'est MSN qui m'a appris cette
nouvelle : la mort de Michael Jackson fait mentir "Retour vers le
futur". En effet, dans une scène qui se passe en 2015 nous voyons Marty
dans le café 80. Et l'invité du jour est Michael Jackson. Impossible
car il est mort en 2009 ! September 15 L'année où il a vécu selon la Bible... Je me suis bien amusée ! L'auteur (Arnold J. Jacobs) se définit comme "aussi-juif-que-les-Bistro-Romains-sont-italiens". Il n'empêche... Ce New-Yorkais décide pendant un an de suivre la Bible à la lettre. Pour des raisons arithmétiques, il se soumet pendant huit mois à l'Ancien Testament et pendant quatre mois au Nouveau. Pendant sa période Ancien Testament, il ne s'occupe pas de la Loi orale et pendant sa période Nouveau il n'abandonne pas les commandements de l'Ancien. Bref, c'est un mic-mac qui ne convient à personne et l'auteur le sait. Un réjouissant mic mac : de part les situations cocasses qu'il raconte et de part les gens qu'il rencontre volontairement : les conservateurs (Samaritains, Karaïtes, Hamish, Red-Christian-Letters, ...) ou non : ceux qui l'accostent car ils sont intrigués par son "déguisement". L'histoire des pompons revient souvent, je vous laisse la découvrir. Enfin, les réactions des proches sont assez surprenantes aussi. Ils sont les plus dubitatifs et oui l'énergumène est marié et sa femme va accoucher de jumeaux pendant l'expérience (ce qui lui facilitera la tâche pour le commandement sur la circoncision !). L'expérience confine à l'absurde et permet d'abonder le proverbe d'Horace "Est modus in rebus". August 24 Complément Oui, le film "The Reader" est fidèle au livre
mais comme il est souvent incomplet et laisse des questions en suspens
et en particulier les raisons du suicide. Dans le livre, le dixième chapitre commence par la phrase "Le lendemain, Hanna était morte." Michaël se rend à la prison et rencontre la directrice et cet entretien apporte un certain nombre de renseignements et guide le lecteur beaucoup plus que ne le fait le dialogue du film (qui nous apprend, quand même, que la prisonnière n'a jamais préparé sa sortie). A la fin du livre, nous savons qu'Hanna dès qu'elle a su lire à demander à la bibliothèque "de lui procurer une bibliographie générale sur les camps (...) et de lui indiquer des livres sur les femmes dans les camps" et enfin " Quand Madame Schmitz a eu appris à lire, elle s'est tout de suite mise à lire ce qui concernait les camps", elle n'est donc pas restée sur les audio-livres de son amant. Dans le film, il me semble que cela se traduit juste par le fait que nous apercevons dans sa bibliothèque personnelle du Primo Levi (et peut-être aussi dans son échafaud). Enfin, encore plus intéressant la directrice nous apprend que "Jusqu'au moment où, voilà quelques années, elle s'est laissée aller. Elle avait toujours veillé à son apparence (...). Elle se mit à beaucoup manger, à se laver peu, ..." Pour moi, il ne fait pas de doute que ce moment est celui où elle a commencé à prendre conscience de son implication dans la Shoah. Au final, les personnages les plus inquiétantes ne-sont-elles pas les co-accusées qui non seulement fournissent un faux témoignage mais encore ne se sentent pas coupables (voire indifférente, l'une d'elles tricote pendant le procès) ? July 28 Un parallèle oséJ'ai trouvé à quels films me faisait penser "The Reader" à "La Revanche d'une blonde" ! Et aussi à "Il y a longtemps que je t'aime" mais comme c'est aussi un drame c'est moins rigolo. Et là, vous pensez elle est complètement givrée. Pas forcément ! Rappelons-nous... Dans tous ces films, il est question d'un élément connu qui pourrait innocenter ou atténuer la peine de l'accusée (une femme à chaque fois) et que celle-ci ne veut pas livrer. Dans le dernier film, Juliette est consciente que rien ne justifie son acte et elle s'inflige sa punition. Elle sait que son acte est odieux et cherche à l'expier elle-même. Elle est tout à fait consciente, c'est le premier élément qui met ce film à part. Le second est qu'elle est la seule à connaître cet élément. Dans les deux premiers films, l'accusée a honte ET un avocat ou un tiers connaît l'élément et est tiraillé entre le désir de justice et la volonté de respecter les souhaits de l'accusée. Evidemment, dans un cas il s'agit d'une gardienne des camps qui ne veut pas divulguer son analphabétisme et dans l'autre d'une mannequin qui ne veut pas avouer sa liposuccion. L'enjeu dramatique n'est pas tout à fait similaire, ok. Dans la comédie qu'est "La Revanche", le postulat assez incroyable est que l'accusée préfère finir ses jours en prison qu'avouer (ou sa foi en la justice est inébranlable). Soit ! L'impression de malaise dans "The Reader" est d'un qu'Hanna semble inconsciente et de ses actes et de sa culpabilité. Est-elle une simple d'esprit, son analphabétisme fait-il d'elle une simple d'esprit ? Si elle est simple d'esprit, est-elle innocente (attention jeu de mots) ou innocentable ? De deux, le comportement du héros n'est pas non plus tout à fait exemplaire. Est-ce permettre à la justice de fonctionner que de cacher des éléments ? Savoir qu'il y avait un chef, atténue-t'il la responsabilité ? Si "La Revanche" se terminait mal (accusée déclarée coupable) quelle serait votre impression ? July 26 Serendipity : un cas d'école"Serendipity" est le titre original d'un film. La traduction française devrait être normalement (c'est-à-dire par tout le monde sauf les traducteurs des titres) "Serendipité". Par les miracles du marketing, c'est devenu "Un amour à New-York" alors que la serendipité est une notion assez intéressante (au moins en gastronomie) pour désigner une découverte faite par hasard. C'est ainsi que la tarte Tatin, les Bêtises de Cambrai ou le Carambar ont été inventés et c'est ainsi qu'a été découverte la pénicilline. Pour un film, c'est un peu prétentieux mais au moins il y avait de la recherche ! Pourquoi avoir traduit (sic) "The Hangover" par "Very bad trip" en bon français ! Que la traduction ne soit pas littérale, je comprends et je me marre quand je vois les titres au Québec(http://www.topito.com/top-des-titres-de-films-mal-traduits). Mais pourquoi transformer un titre ! Je me souviens de "Cruel intentions" devenu "Sexe intentions". June 17 La MolvanieC'est à l'occasion de la découverte à la FNAC du tome 2 "San Sombrero" pliée en deux de rire (au rayon humour près des BD) que je rappelle à votre bon souvenir le premier guide de voyage de la collection "Jetlag" (il fallait l'inventer) sur la Molvanie, pays méconnu et l'un des "plus sous-estimés d'Europe de l'Est".
Ce vrai-faux guide de voyage n'est faux que parce que la destination est imaginaire. C'est une parodie réussie des guides de voyage. Le découpage se fait par région. Le voyageur retrouve toutes les rubriques qui font la réputation des meilleurs guides : description des hôtels (avec des $$$ pour notation), suggestions de ballades, choix de restaurants qui font découvrir l'alcool local ("mélange de vodka et de carburant pour avion"), histoire de la Molvénie depuis la Préhistoire et surtout géographie du pays dont la région des grandes plaines est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO pour sa "remarquable monotonie". Les jeux de mots sont présents à toutes les pages. Si vous doutez de l'humour, la quatrième de couverture offre un excellent échantillon, vous pourrez ainsi tester votre compatibilité. June 12 Changer d'emploi Lundi, après un mois de vacances, j'intègre mon nouveau poste ! Pour changer d'emploi, il faut en chercher un ! Envoyer des lettres et des CV, passer les entretiens. La littérature abonde de conseils pour rédiger son CV et sa lettre de motivation, elle est moins disserte concernant le comportement à adopter lors des entretiens même si des éléments généraux sont livrés (arriver à l'heure, parler de façon intelligible, etc.) Et en effet, c'est moins facilement généralisable et certains conseils peuvent être mal interprétés du fait des lois contre la discrimination. Il existe cependant des gaffes à éviter : - Dire du mal de l'entreprise que l'on cherche à quitter, - Oublier de dire à son interlocuteur que son entreprise est géniale, - Ne pas s'être renseigné sur l'entreprise. En quelques mois, j'en ai passé un certain nombre et j'ai pu constater qu'un entretien se passe rarement mal ce qui rend d'autant plus dur et incompréhensible sa non-sélection. Quand la réponse est négative, il est intéressant de demander pourquoi ce non-choix ! De même quand une offre à laquelle une candidature a été envoyée reparait sans ayant donné suite à un entretien. Ainsi, dans mon cas une offre qui me correspondait a reparu trois fois. Vexant ! Ceci dit dès la deuxième, j'avais contacté le cabinet de recrutement pour avoir des renseignements supplémentaires sur le mouton à cinq pattes recherché. C'était assez simple, le postulant devait provenir de l'industrie et ce n'est pas mon cas ! Je passe sur les entreprises qui ne répondent pas du tout : trente et un cas sur cinquante deux. Il y a même eu une gaffe : réponse négative envoyée à tous les postulants en copie non cachée ! De toutes les façons, les mêmes caractéristiques peuvent plaire à un employeur et déplaire à un autre ! Ainsi, le fait de ne pas avoir de secteur d'activité de prédilection peut être un défaut pour une entreprise et une qualité pour un cabinet de consultants. April 17 Comment il philosophe comment je suis devenue fanL'Institut d'études levinassiennes organisait un
séminaire où l'invité était Bernard-Henri Lévy sur le sujet "Comment je
philosophe". C'est Facebook qui m'avait prévenue de cet évènement. Un petit
malin avait commenté :
"Comment je philosophe ?" mon cher BHL pas besoin de te déplacer, j'ai la réponse à ta question et elle se tient en trois lettres : MAL. Pas découragée, je m'y suis rendue. La conférence
avait lieu à Normale sup, cela me donnait envie. Dans l'amphithéâtre Dussane, en
première fan Arielle Dombasle, Frédéric Beigbeder, Ariel Wizman et des
caméras.
Et puis, il a commencé à parler. C'était la
première fois que je l'entendais et que je le voyais dans une conférence.
Quelque fois, lors de conférence l'ennui pointe très vite, avec lui et
bien c'est plutôt l'envie de prendre des notes qui monte. Preuve s'il en est
besoin que cet homme parle bien.
Le sujet était assez marrant, demande-t'on à un
boulanger comment il boulange ?
Après une brève introduction sur le pourquoi
philosopher et sur le fait que cette conférence était pour lui une suite de
"Comment je suis juif", B-H. L. nous a dévoilé quelques secrets sur le
comment.
D'abord, pour lui l'action de philosopher se traduit par l'organisation et la création de concept (islamo-fascisme ou médicalisme). Ensuite, il a parlé d'Auguste Comte et de système. Comme c'était pendant mon coup de barre, je ne me rappelle pas de son choix. Puis, il a rappelé qu'entre philosopher en cours ou seul, il choisissait la première option puisqu'il n'est pas professeur. Entre philosophes tenant du dialogue (Platon, Locke et Lebnits) et ceux contre (Kant, Hegel), il penchait du côté de ces derniers tout en reconnaissant que sa correspondance avec Houellebecq s'y apparentait. Puis il a opposé les "amis de la sagesse" qui seraient timorés (Cousin et les philosophes démocratiques) et amis du sens commun et les philosophes de guerre, engagés (Nietzsche). Il a renvoyé dos à dos lecture lente et lecture pirate (second coup de barre) et a abouti au fait que certains philosophes citaient et d'autres non. Evidemment, il est du côté de ceux qui ne citent pas (à mon avis l'autre option est incompatible avec la création. Il est donc plutôt cohérent). Enfin, est venue la séance de question, et les
passions, la jalousie et l'amour, se sont déchainées. Le premier à prendre la parole fut un étudiant qui l'a engueulé (lui et la directrice de l'Ecole) car des caméras étaient présentes. Plus que le fond, la forme était agressive. En effet, un intervenant suivant a posé la question de manière diplomatique à savoir si Bernard-Henri Lévy pouvait philosopher sans medium. Et il a répondu : non. Comme il ne donne pas de cours, il communique en participant à des conférences et en répondant aux sollicitations. N'étant pas un tenant du dialogue, il se doit de se confronter par d'autres moyens. J'ajouterai que les media ont tout intérêt à l'inviter puisqu'il provoque des réactions si passionnées : il assure l'audience. Ensuite, une étudiante a souligné ses contradictions (pas de citations mais son discours en est émaillée, pas de cours mais des conférences) en admettant qu'elle l'admirait pour ça. "Jonathan Strange et Dr Norell" de Susanna ClarkeCe livre dont la tranche est teinte en noir est un
petit bijou de près de huit cents pages quand même !
L'auteur, Susanna Clarke, présente l'histoire de
deux magiciens du XIXe siècle qui ont influé sur l'histoire de la
Grande-Bretagne en particulier lors de la guerre en Espagne entre les Anglais
conduits par Wellington et les Français et lors de la bataille de
Waterloo.
Et quand je dis présente c'est d'autant plus vrai qu'elle multiplie les notes de pages et les sources imaginaires comme la biographie de Jonathan Strange par un de ses amis. Cela peut rappeler en plus lisible "La Gloire de l'Empire" de Jean d'Ormesson : le vrai livre d'histoire d'un empire imaginaire. Et là, nous avons la vraie histoire de la rencontre entre deux magiciens. Ce qui est fascinant avec des auteurs comme elle,
(du même style que Tolkien et Rawling) c'est que le lecteur sent qu'un livre est
insuffisant pour tout son imaginaire. Ainsi Tolkien a imaginé à côté du Seigneur
des Anneaux toute la mythologie du royaume ("Contes et légendes inachevés"),
voire son histoire ("Histoire de la Terre du Milieu") et ce qu'on appellerait
maintenant le préquelle avec "Bilbo le Hobbit". De même, l'auteur de la série
des Harry Potter prolonge les sept tomes avec des livres sur le quidditch ou les
animaux mystérieux de Hagrid.
Ces auteurs me rappellent aussi les acteur qui ont besoin d'imaginer l'enfance d'un personnage pour l'interpréter alors même qu'il n'y a pas de flashback. Ils ont écrit une histoire mais ils ont développé
tout un monde (ou plusieurs). Il y a un trop plein et le plus mystérieux est
qu'aucun de ces auteurs n'est brouillon. Le lecteur perçoit le fourmillement
d'idées et se demande si son imagination rejoint celle de l'auteur. April 13 Une franche déception L'idée développée par Ray Conney dans "Chat et souris" était bonne : un père de famille, Jean Martin, marié à Ivry et à Montreuil apprend que ses enfants issus de ses mariages se sont rencontrés sur internet. Alix à Montreuil et Guillaume à Ivry découvrent assez rapidement qu'ils partagent le même nom de famille et que leur père est chauffeur de taxi. L'idée de passer du virtuel au réel germe et rendez-vous est pris. Evidemment, Jean fera tout pour décourager cette rencontre puis l'empêcher en utilisant des stratagème plus ou moins fins. La première partie est drôle pas très subtile et les ficelles sont très grosses. C'est après l'entracte que tout se gâte franchement : apparition d'un personnage libidineux qui n'apporte rien. Les ficelles ne sont pas exploitées, le spectateur ne saura jamais de quelle façon le meilleur ami a baigné dans le "double mariage" du héros. Et surtout de pas très fne la pièce devient franchement lourde et au spectateur de se rendre compte qu'il est mal assis, qu'il fait chaud et qu'il ne peut pas étendre ses jambes. Au tomber de rideau, la déception domine. D'où une certaine stupéfaction quand je découvre que la pièce est nommée pour le Molière 2009 de la meilleure pièce comique. March 30 Le triomphe de la raison ou pourquoi la raison serait-elle l'ennemie coeur ?"Two lovers", "Vicky Christina Barcelona" et "Les Noces rebelles" sont trois films d'amour contrarié. Dans le premier, le spectateur fait son propore choix sur le futur des héros, dans le second ce même spectateur est guidé et dans le troisième il est trop tard.
Dans le premier, par le réalisateur de "7h58 ce samedi là", le fils d'un couple rescapé de la Shoah est amoureux d'un blonde chrétienne et inspire de l'amour à une brune juive qui a reçu la bénédiction des parents. Au final, il est rejeté par la blonde et accepte l'amour de la brune. D'autres diront qu'il se résigne à l'amour de la brune et à la vie avec elle.
Les réactions des spectatrices sont très diverses. Certaines pensent que la brune est un choix par défaut et que cela conditionne un mariage malheureux.
Pour les autres, les héros sont trentenaires, ils ont donc déjà vécu des histoires et sont prêts à recommencer.
L'engagement est le fruit d'une réflexion. Le héros a tranché, certes brutalement, en une scène (une marche sur la plage). Il a pris conscience de façon rapide qu'après la rupture il se reconstruirait (ce qui peut prendre plusieurs semaines, mois selon les individus et les histoires). Il sait diriger son coeur. Plutôt que faire une croix sur la blonde, je pense que ses yeux se sont ouverts sur les qualités de la brune.
De même dans le Woody Allen, Vicky après avoir trompé son fiancé décide de l'épouser. Elle transforme son histoire d'amour en mariage de raison. Vu sa tête (et entendu le commentaire de la voix off) lors de la dernière scène, le réalisateur ne lui prédit pas un mariage heureux. Or consciente de ses erreurs, le spectateur pourrait supposer qu'elle ne trompera pas son mari et ne réagira pas instinctivement.
Un mariage heureux, ce n'est pas ce que vit Kate Winslet dans le film de Sam Mendès. Elle s'aperçoit que son couple a renoncé à tous ses rêves. Son mari et elle poursuivent des rêves différents. Elle réagit en essayant de réveiller son mari, de lui faire comprendre que sa vie dépend de la tentative de renouer avec le point de départ de leur histoire. Elle échoue et s'inflige le seul acte qu'impose son échec.
L'avantage d'avoir pris conscience de ses faiblesses avant le mariage le sauve et permet d'adjoindre la raison au coeur. March 25 Des femmes fortes ou Pourquoi aimer Ken Follett ?Dans "Les Piliers de la terre" l'héroïne était Aliena. Dans un "Monde sans fin", elle se prénomme Caris et vit des amours contrariées avec la médecine et son homme, Merthin. A leurs côtés, il y a Philippa et Gwenda. March 03 Films d'espionnage françaisPrécédemment sur le blog (pas dans Desperate housewives), je vous ai écrit tout le bien que je pensais de "Secret défense", le film de Philippe Haim. J'ai vu "Espion(s)" de Nicolas Saada. Si la Guerre froide n'a pas (trop) inspiré les réalisateurs français, le terrorisme venu d'Orient ou de l'Islam inspire nettement quelques réalisateurs français (ok pas n'importe lesquels).
Dans "Espion(s)", la majeure partie de l'action se passe à Londres (les attentats de 2005 ne sont pas loins). Un petit voyou se trouve obligé d'espionner le directeur d'un labo pharmaceutique qui fait du trafic de nitrométhane (manifestement c'est un poil plus violent que la nitroglycérine ce qui donne lieu à deux scènes d'embrasement de corps pas forcément chaude mais au sens littéral).
Au delà du tout le monde est manipulé (tout le monde ne manipule pas, en revanche), il est intéressant de voir que la politique n'est jamais loin. Dans le film de Philippe Haim, le directeur de la DGSE demandait des fonds au Ministre de l'Intérieur qui lui demandait des preuves de ce qu'il avançait ce qui valait une excellente réplique sur le fait que "les preuves de menaces sont appelées des attentats" !
Dans le second film (mais premier long de Nicolas), la mission s'arrête brutalement quand les supérieurs à la DST décident que l"on a besoin de la Syrie en tant qu'amie et pas qu'ennemie."
En plus de prouver qu'en France, le cinéma d'action existe et qu'il est bon, que l'actualité est un moteur de création, ces deux films font passer de bons moments. February 09 Seks om dagen - du sexe tous les jours !January 05 De l'orthographe (7) Souvent, nous entendons "c'était
mieux avant" et oui quand les femmes cuisinaient toute la journée des
produits frais, que l'homme mourait à cinquante ans et la femme en
couche, que l'école servait à apprendre les bases de l'orthographe, de
la grammaire et des mathématiques. Voici deux extraits d'un mail reçu dans le cadre professionnel le 31 décembre : - "Je vous remercie de m'avoir supporté si longtemps, et que mes coups de gueule ne vous m'enquerons pas trop." - "Je vous souhaite bonne route pour la suite. et gardez le moral par ses temps difficiles." Et oui, vous avez bien lu "m'enquerons" et "par ses temps difficiles" Le plus étonnant est que ce mail émane d'une employée qui avait trente-deux ans de carrière et partait en retraite. Je suppose donc qu'elle avait accumulé une certaine expérience et qu'elle avait été à l'école. Le pire est que cette prose a été relue par un collègue qui cumule vingt ans d'expérience ... Au delà du néologisme "s'enquérer", je retiens la terminaison en O.N.S indicatives comme NOUS le savONS de la troisième personne du pluriel ! J'ai appris que cette femme (heureuse grand-mère) était, en fait, un homme puisque "supporté" s'accorde avec le m apostrophe qui LE désigne ! Peut-être, devons-nous (ses collègues) nous enquérir de ses coups de gueule... Enfin, il me tarde de découvrir à qui appartiennent "ses temps difficile" car si je les lui rends, des temps plus faciles arriveront sûrement ! January 01 Chroniques théâtrales 3 - Serial plaideurLe titre du commentaire est celui du monologue que récite Jacques Vergès au théâtre de la Madeleine.
Si, comme moi, vous vous attendez à ce que l'avocat explique sa spécialisation dans la défense des "salops", vous serez déçus, comme moi. En effet, à aucun moment, il ne prononce les noms de ses clients célèbres Klaus Barbie, Pol Pot, Omar Radad... Le seul évoqué est celui de Djamila Bouhired. Il reste donc dans le cas général, plaidant pour le métier d'avocat et non pour lui même. Il part sur une autre problématique : la défense de chacun doit être assurée et chacun a droit à être défendu. C'est incontestable. Je comprends qu'un avocat veuille, UNE FOIS, défendre l'"indéfendable", l'injustifiable mais le faire de manière systématique m'étonne. Le second sujet que j'attendais est le rapport aux médias. En effet, ses plus célèbres procès sont des procès perdus. Un avocat célèbre est-il un bon avocat ?
De la pièce écrite comme une plaidoirie, je retiens un ego surdimensionné. Il se fait un plaisir de rappeler qu'il a été publié aux Editions de Minuit comme Paul Eluard, François Mauriac ou Aragon. Il rappellera, aussi, à cette occasion que ces éditions sont nées en 1941 et furent des éditions clandestines. Avant, il a précisé que son engagement dans la Résistance date de 1941 et qu'il a connu de Gaulle. Des procès comptent (quand même), peut-être, plus que d'autres... De même, il compare l'avocat à Dieu. Sa volonté de choquer est manifeste. Le rideau se lève sur lui assis à son bureau en train de fumer un cigare dont l'odeur persistera un bon quart d'heure. En plus, le métier d'acteur ne s'improvise pas et sa diction n'est pas excellente. Aussi étonnant que cela paraisse, il bute, parfois, sur les mots, se reprend, va jusqu'à bafouiller. Un point positif est qu'il donne envie de se replonger dans le mythe d'Antigone. Il parle de la version de Sophocle, là j'avoue je ne suis pas enthousiasmée. Un autre, il ne manque pas d'humour. Un troisième, il m'a rappelé que l'auteur de la citation "la justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique" est Clémenceau. December 17 Chroniques théâtrales 2C'est la loi des séries, je ne m'étais pas rendue au théâtre depuis quelques temps et en un mois, j'ai mené la vie d'un critique (j'exagère à peine). J'ai vu trois pièces qui donnent envie de retourner au théâtre et ce même si leur misogynie est plus ou moins avouée.
Début novembre, je me suis rendue au théâtre Edouard VII pour "Faisons un rêve" de Sacha Guitry. Nous étions sept amis dont six filles étonnant car l'auteur n'est pas tendre avec la gente féminine. En scène, Pierre Arditi, Clothilde Courau, Martin Lamotte et un monsieur dont je ne me souviens jamais du nom mais qui jouait précédemment le valet dans "Mon père avait raison" (dans le même théâtre en début d'année). J'étais au premier rang donc la tête en l'air (je me plains mais pas trop quand même) et j'ai profité des postillons des acteurs (ils ne m'ont pas atteinte quand même) ! La femme est facile.
Ensuite, j'ai vu 'Parle moi d'amour" avec Michel Leeb et Catherine Signol. Un couple rentrant d'une soirée avec les collègues et supérieur de Monsieur, se dispute et comme c'est bien écrit c'est franchement drôle : les passages sur l'art et sur la chirurgie esthétique sont plausibles. La femme est colérique, l'homme de mauvaise foi, égalité !
Enfin, j'ai vu "La Mégère apprivoisée". C'était mon premier Shakespeare au théâtre et c'était réjouissant.
Au Français, les comédiens sont toujours excellents, c'est entendu. Le plus réside dans la mise en scène. Ici, le traitement des costumes était original : les acteurs tous en noir portent une planche avec au recto une pièce du costume qu'ils auraient pu porter (pourpoint, corset) et au verso un miroir. Ces costumes minimalistes permettent aux spectatrices de bénéficier du jeu d'acteur de Loïc Corbery (et de bien plus) qui a le rôle du beau gosse un peu matcho qui doit dompter Cateau. Le plus étonnant est que le texte du XVIe supporte la modernisation (cela m'avait déjà frappé avec le prologue de Roméo + Juliette de Baz Luhrmann).
Comme pour le Cyrano de 2006, il est indispensable d'arriver à l'heure car les trente premières secondes donnent le tempo. En effet, (ne pas lire si vous voulez la surprise) juste après l'annonce indiquant au spectateur que ni les films ni les photographies ne sont autorisés, un homme ivre entre dans la salle. Il présente un billet à l'ouvreuse, s'avance vers le troisième rang, découvre sa place occupée, l'ouvreuse lui dit que le billet n'est pas pour le bon jour, il en tend un autre, s'appuie à la scène, l'ouvreuse regarde, précise que c'est un billet usagé. Il en tend un troisième monte sur la scène. L'ouvreuse prévient la sécurité avec son talkie-walkie pendant que l'homme s'effondre sur scène et que le rideau commence à se lever. Ma voisine inquiète "et les acteurs qui vont découvrir un corps sur la scène..." Christopher Sly venait d'entrer en scène. La femme est soumise. Du coup, j'ai eu envie de lire la pièce ce qui m'a permis d'ouvrir le tome 1 des oeuvres de Shakespeare que j'ai dans ma bibliothèque dans la collection la Pléïade (cadeau de bat-mitsvah). Un scoop : la lecture met en évidence des passages différents de ceux repérés lors d'une représentation. Terrorisme et racismeLe 16 décembre 2008 "cinq bâtons de dynamite, sans système de mise à feu ont été découverts" dans un des "grands" magasins du boulevard Haussmann. Un petit calcul sympa, J-11 de Noël, c'est la saison creuse... N'imaginons rien, surtout pas le pire. Cela met un film au cœur de l'actualité, puisque "Secret défense" traite du terrorisme islamique mieux que la bande-annonce ne le laisse prévoir.
Deux histoires en parallèle : une jeune femme se fait recruter par la DGSE dans le cours d'arabe de l'INALCO et un délinquant se fait recruter par un terroriste pour devenir kamikaze. Forcément, les deux histoires vont se rencontrer. Et le scenario sait ménager le suspense car elles ne se croisent que très tard. Le spectateur voit peu à peu se dessiner les ramifications et la pyramide se construire. C'est un bon film d'espionnage. Gérard Lanvin joue un responsable au sein de la DGSE désemparé face à un collègue musulman ce qui le conduit, comme souvent dans la réalité, à ne pas aimer ce qu'il ne connaît pas ou ne comprend pas.
Et voilà une transition toute trouvée pour passer à "Agathe Cléry" qui fait du racisme son principal sujet.
Tout d'abord, oui le film est drôle. Le déplacement est mérité ne serait que pour la scène où les parents d'Agathe, préparent la venue de leur fille, qui veut leur présenter son amoureux noir qu'elle n'a évidemment pas informé de sa maladie, en noircissant la petite Agathe sur les photos de classe... |
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