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April 17 Comment il philosophe comment je suis devenue fanL'Institut d'études levinassiennes organisait un
séminaire où l'invité était Bernard-Henri Lévy sur le sujet "Comment je
philosophe". C'est Facebook qui m'avait prévenue de cet évènement. Un petit
malin avait commenté :
"Comment je philosophe ?" mon cher BHL pas besoin de te déplacer, j'ai la réponse à ta question et elle se tient en trois lettres : MAL. Pas découragée, je m'y suis rendue. La conférence
avait lieu à Normale sup, cela me donnait envie. Dans l'amphithéâtre Dussane, en
première fan Arielle Dombasle, Frédéric Beigbeder, Ariel Wizman et des
caméras.
Et puis, il a commencé à parler. C'était la
première fois que je l'entendais et que je le voyais dans une conférence.
Quelque fois, lors de conférence l'ennui pointe très vite, avec lui et
bien c'est plutôt l'envie de prendre des notes qui monte. Preuve s'il en est
besoin que cet homme parle bien.
Le sujet était assez marrant, demande-t'on à un
boulanger comment il boulange ?
Après une brève introduction sur le pourquoi
philosopher et sur le fait que cette conférence était pour lui une suite de
"Comment je suis juif", B-H. L. nous a dévoilé quelques secrets sur le
comment.
D'abord, pour lui l'action de philosopher se traduit par l'organisation et la création de concept (islamo-fascisme ou médicalisme). Ensuite, il a parlé d'Auguste Comte et de système. Comme c'était pendant mon coup de barre, je ne me rappelle pas de son choix. Puis, il a rappelé qu'entre philosopher en cours ou seul, il choisissait la première option puisqu'il n'est pas professeur. Entre philosophes tenant du dialogue (Platon, Locke et Lebnits) et ceux contre (Kant, Hegel), il penchait du côté de ces derniers tout en reconnaissant que sa correspondance avec Houellebecq s'y apparentait. Puis il a opposé les "amis de la sagesse" qui seraient timorés (Cousin et les philosophes démocratiques) et amis du sens commun et les philosophes de guerre, engagés (Nietzsche). Il a renvoyé dos à dos lecture lente et lecture pirate (second coup de barre) et a abouti au fait que certains philosophes citaient et d'autres non. Evidemment, il est du côté de ceux qui ne citent pas (à mon avis l'autre option est incompatible avec la création. Il est donc plutôt cohérent). Enfin, est venue la séance de question, et les
passions, la jalousie et l'amour, se sont déchainées. Le premier à prendre la parole fut un étudiant qui l'a engueulé (lui et la directrice de l'Ecole) car des caméras étaient présentes. Plus que le fond, la forme était agressive. En effet, un intervenant suivant a posé la question de manière diplomatique à savoir si Bernard-Henri Lévy pouvait philosopher sans medium. Et il a répondu : non. Comme il ne donne pas de cours, il communique en participant à des conférences et en répondant aux sollicitations. N'étant pas un tenant du dialogue, il se doit de se confronter par d'autres moyens. J'ajouterai que les media ont tout intérêt à l'inviter puisqu'il provoque des réactions si passionnées : il assure l'audience. Ensuite, une étudiante a souligné ses contradictions (pas de citations mais son discours en est émaillée, pas de cours mais des conférences) en admettant qu'elle l'admirait pour ça. "Jonathan Strange et Dr Norell" de Susanna ClarkeCe livre dont la tranche est teinte en noir est un
petit bijou de près de huit cents pages quand même !
L'auteur, Susanna Clarke, présente l'histoire de
deux magiciens du XIXe siècle qui ont influé sur l'histoire de la
Grande-Bretagne en particulier lors de la guerre en Espagne entre les Anglais
conduits par Wellington et les Français et lors de la bataille de
Waterloo.
Et quand je dis présente c'est d'autant plus vrai qu'elle multiplie les notes de pages et les sources imaginaires comme la biographie de Jonathan Strange par un de ses amis. Cela peut rappeler en plus lisible "La Gloire de l'Empire" de Jean d'Ormesson : le vrai livre d'histoire d'un empire imaginaire. Et là, nous avons la vraie histoire de la rencontre entre deux magiciens. Ce qui est fascinant avec des auteurs comme elle,
(du même style que Tolkien et Rawling) c'est que le lecteur sent qu'un livre est
insuffisant pour tout son imaginaire. Ainsi Tolkien a imaginé à côté du Seigneur
des Anneaux toute la mythologie du royaume ("Contes et légendes inachevés"),
voire son histoire ("Histoire de la Terre du Milieu") et ce qu'on appellerait
maintenant le préquelle avec "Bilbo le Hobbit". De même, l'auteur de la série
des Harry Potter prolonge les sept tomes avec des livres sur le quidditch ou les
animaux mystérieux de Hagrid.
Ces auteurs me rappellent aussi les acteur qui ont besoin d'imaginer l'enfance d'un personnage pour l'interpréter alors même qu'il n'y a pas de flashback. Ils ont écrit une histoire mais ils ont développé
tout un monde (ou plusieurs). Il y a un trop plein et le plus mystérieux est
qu'aucun de ces auteurs n'est brouillon. Le lecteur perçoit le fourmillement
d'idées et se demande si son imagination rejoint celle de l'auteur. April 13 Une franche déception L'idée développée par Ray Conney dans "Chat et souris" était bonne : un père de famille, Jean Martin, marié à Ivry et à Montreuil apprend que ses enfants issus de ses mariages se sont rencontrés sur internet. Alix à Montreuil et Guillaume à Ivry découvrent assez rapidement qu'ils partagent le même nom de famille et que leur père est chauffeur de taxi. L'idée de passer du virtuel au réel germe et rendez-vous est pris. Evidemment, Jean fera tout pour décourager cette rencontre puis l'empêcher en utilisant des stratagème plus ou moins fins. La première partie est drôle pas très subtile et les ficelles sont très grosses. C'est après l'entracte que tout se gâte franchement : apparition d'un personnage libidineux qui n'apporte rien. Les ficelles ne sont pas exploitées, le spectateur ne saura jamais de quelle façon le meilleur ami a baigné dans le "double mariage" du héros. Et surtout de pas très fne la pièce devient franchement lourde et au spectateur de se rendre compte qu'il est mal assis, qu'il fait chaud et qu'il ne peut pas étendre ses jambes. Au tomber de rideau, la déception domine. D'où une certaine stupéfaction quand je découvre que la pièce est nommée pour le Molière 2009 de la meilleure pièce comique. |
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