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    March 30

    Le triomphe de la raison ou pourquoi la raison serait-elle l'ennemie coeur ?

     
    "Two lovers", "Vicky Christina Barcelona" et "Les Noces rebelles" sont trois films d'amour contrarié. Dans le premier, le spectateur fait son propore choix sur le futur des héros, dans le second ce même spectateur est guidé et dans le troisième il est trop tard.
     
    Dans le premier, par le réalisateur de "7h58 ce samedi là", le fils d'un couple rescapé de la Shoah est amoureux d'un blonde chrétienne et inspire de l'amour à une brune juive qui a reçu la bénédiction des parents. Au final, il est rejeté par la blonde et accepte l'amour de la brune. D'autres diront qu'il se résigne à l'amour de la brune et à la vie avec elle.
    Les réactions des spectatrices sont très diverses. Certaines pensent que la brune est un choix par défaut et que cela conditionne un mariage malheureux.
    Pour les autres, les héros sont trentenaires, ils ont donc déjà vécu des histoires et sont prêts à recommencer.
    L'engagement est le fruit d'une réflexion. Le héros a tranché, certes brutalement, en une scène (une marche sur la plage). Il a pris conscience de façon rapide qu'après la rupture il se reconstruirait (ce qui peut prendre plusieurs semaines, mois selon les individus et les histoires). Il sait diriger son coeur. Plutôt que faire une croix sur la blonde, je pense que ses yeux se sont ouverts sur les qualités de la brune.
     
    De même dans le Woody Allen, Vicky après avoir trompé son fiancé décide de l'épouser. Elle transforme son histoire d'amour en mariage de raison. Vu sa tête (et entendu le commentaire de la voix off) lors de la dernière scène, le réalisateur ne lui prédit pas un mariage heureux. Or consciente de ses erreurs, le spectateur pourrait supposer qu'elle ne trompera pas son mari et ne réagira pas instinctivement.
     
    Un mariage heureux, ce n'est pas ce que vit Kate Winslet dans le film de Sam Mendès. Elle s'aperçoit que son couple a renoncé à tous ses rêves. Son mari et elle poursuivent des rêves différents. Elle réagit en essayant de réveiller son mari, de lui faire comprendre que sa vie dépend de la tentative de renouer avec le point de départ de leur histoire. Elle échoue et s'inflige le seul acte qu'impose son échec.
     
    L'avantage d'avoir pris conscience de ses faiblesses avant le mariage le sauve et permet d'adjoindre la raison au coeur.
    March 25

    Des femmes fortes ou Pourquoi aimer Ken Follett ?

    Dans "Les Piliers de la terre" l'héroïne était Aliena. Dans un "Monde sans fin", elle se prénomme Caris et vit des amours contrariées avec la médecine et son homme, Merthin. A leurs côtés, il y a Philippa et Gwenda.
    Ces femmes traversent sur plus de mille pages des épreuves terribles dont le viol et la peste.

    Comme souvent chez Follett, les personnages masculins sont secondaires et violents ce qui rehaussent la valeur des femmes qui travaillent, ont le sens de la communauté et de la famille.

    Dans cette suite des Piliers (les relations entre les deux tomes sont récapitulées dans le schéma du site de l'auteur), nous retrouvons le souffle épique, la Renaissance, des personnages romanesques emportés par leur caractère entier, l'accusation de sorcellerie qui prouve que le Moyen-Age n'est pas loin.

    March 03

    Films d'espionnage français

    Précédemment sur le blog (pas dans Desperate housewives), je vous ai écrit tout le bien que je pensais de "Secret défense", le film de Philippe Haim. J'ai vu "Espion(s)" de Nicolas Saada. Si la Guerre froide n'a pas (trop) inspiré les réalisateurs français, le terrorisme venu d'Orient ou de l'Islam inspire nettement quelques réalisateurs français (ok pas n'importe lesquels).
     
    Dans "Espion(s)", la majeure partie de l'action se passe à Londres (les attentats de 2005 ne sont pas loins). Un petit voyou se trouve obligé d'espionner le directeur d'un labo pharmaceutique qui fait du trafic de nitrométhane (manifestement c'est un poil plus violent que la nitroglycérine ce qui donne lieu à deux scènes d'embrasement de corps pas forcément chaude mais au sens littéral).
     
    Au delà du tout le monde est manipulé (tout le monde ne manipule pas, en revanche), il est intéressant de voir que la politique n'est jamais loin. Dans le film de Philippe Haim, le directeur de la DGSE demandait des fonds au Ministre de l'Intérieur qui lui demandait des preuves de ce qu'il avançait ce qui valait une excellente réplique sur le fait que "les preuves de menaces sont appelées des attentats" !
    Dans le second film (mais premier long de Nicolas), la mission s'arrête brutalement quand les supérieurs à la DST décident que l"on a besoin de la Syrie en tant qu'amie et pas qu'ennemie."
     
    En plus de prouver qu'en France, le cinéma d'action existe et qu'il est bon, que l'actualité est un moteur de création, ces deux films font passer de bons moments.