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    December 17

    Chroniques théâtrales 2

    C'est la loi des séries, je ne m'étais pas rendue au théâtre depuis quelques temps et en un mois, j'ai mené la vie d'un critique (j'exagère à peine). J'ai vu trois pièces qui donnent envie de retourner au théâtre et ce même si leur misogynie est plus ou moins avouée.
     
    Début novembre, je me suis rendue au théâtre Edouard VII pour "Faisons un rêve" de Sacha Guitry. Nous étions sept amis dont six filles étonnant car l'auteur n'est pas tendre avec la gente féminine. En scène, Pierre Arditi, Clothilde Courau, Martin Lamotte et un monsieur dont je ne me souviens jamais du nom mais qui jouait précédemment le valet dans "Mon père avait raison" (dans le même théâtre en début d'année). J'étais au premier rang donc la tête en l'air (je me plains mais pas trop quand même) et j'ai profité  des postillons des acteurs (ils ne m'ont pas atteinte quand même) ! La femme est facile.
     
    Ensuite, j'ai vu 'Parle moi d'amour" avec Michel Leeb et Catherine Signol. Un couple rentrant d'une soirée avec les collègues et supérieur de Monsieur, se dispute et comme c'est bien écrit c'est franchement drôle : les passages sur l'art et sur la chirurgie esthétique sont plausibles. La femme est colérique, l'homme de mauvaise foi, égalité !
     
    Enfin, j'ai vu "La Mégère apprivoisée". C'était mon premier Shakespeare au théâtre et c'était réjouissant.
    Au Français, les comédiens sont toujours excellents, c'est entendu.
    Le plus réside dans la mise en scène. Ici, le traitement des costumes était original : les acteurs tous en noir portent une planche avec au recto une pièce du costume qu'ils auraient pu porter (pourpoint, corset) et au verso un miroir. Ces costumes minimalistes permettent aux spectatrices de bénéficier du jeu d'acteur de Loïc Corbery (et de bien plus) qui a le rôle du beau gosse un peu matcho qui doit dompter Cateau.
    Le plus étonnant est que le texte du XVIe supporte la modernisation (cela m'avait déjà frappé avec le prologue de Roméo + Juliette de Baz Luhrmann).
    Comme pour le Cyrano de 2006, il est indispensable d'arriver à l'heure car les trente premières secondes donnent le tempo.
    En effet, (ne pas lire si vous voulez la surprise) juste après l'annonce indiquant au spectateur que ni les films ni les photographies ne sont autorisés, un homme ivre entre dans la salle. Il présente un billet à l'ouvreuse, s'avance vers le troisième rang, découvre sa place occupée, l'ouvreuse lui dit que le billet n'est pas pour le bon jour, il en tend un autre, s'appuie à la scène, l'ouvreuse regarde, précise que c'est un billet usagé. Il en tend un troisième monte sur la scène. L'ouvreuse prévient la sécurité avec son talkie-walkie pendant que l'homme s'effondre sur scène et que le rideau commence à se lever. Ma voisine inquiète "et les acteurs qui vont découvrir un corps sur la scène..." Christopher Sly venait d'entrer en scène.
    La femme est soumise.
     
    Du coup, j'ai eu envie de lire la pièce ce qui m'a permis d'ouvrir le tome 1 des oeuvres de Shakespeare que j'ai dans ma bibliothèque dans la collection la Pléïade (cadeau de bat-mitsvah). Un scoop : la lecture met en évidence des passages différents de ceux repérés lors d'une représentation.

    Terrorisme et racisme

    Le 16 décembre 2008 "cinq bâtons de dynamite, sans système de mise à feu ont été découverts" dans un des "grands" magasins du boulevard Haussmann. Un petit calcul sympa, J-11 de Noël, c'est la saison creuse... N'imaginons rien, surtout pas le pire. Cela met un film au cœur de l'actualité, puisque "Secret défense" traite du terrorisme islamique mieux que la bande-annonce ne le laisse prévoir.
    Deux histoires en parallèle : une jeune femme se fait recruter par la DGSE dans le cours d'arabe de l'INALCO et un délinquant se fait recruter par un terroriste pour devenir kamikaze. Forcément, les deux histoires vont se rencontrer. Et le scenario sait ménager le suspense car elles ne se croisent que très tard. Le spectateur voit peu à peu se dessiner les ramifications et la pyramide se construire. C'est un bon film d'espionnage.
    Gérard Lanvin joue un responsable au sein de la DGSE désemparé face à un collègue musulman ce qui le conduit, comme souvent dans la réalité, à ne pas aimer ce qu'il ne connaît pas ou ne comprend pas.
     
    Et voilà une transition toute trouvée pour passer à "Agathe Cléry" qui fait du racisme son principal sujet.
    Tout d'abord, oui le film est drôle. Le déplacement est mérité ne serait que pour la scène où les parents d'Agathe, préparent la venue de leur fille, qui veut leur présenter son amoureux noir qu'elle n'a évidemment pas informé de sa maladie, en noircissant la petite Agathe sur les photos de classe...